Retraite française à l’étranger 2026 : versement Carsat, retenue à la source et conventions fiscales

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En bref : Les pensions du régime général versées par la Carsat / Assurance Retraite sont payées partout dans le monde. En UE/EEE et dans la plupart des pays liés par convention, l’imposition revient au pays de résidence — la France ne prélève alors aucune retenue. Hors convention, retenue à la source de 12,8 % par défaut. Le certificat de vie annuel reste obligatoire pour maintenir les versements.

Points clés

  • Carsat verse partout dans le monde.
  • UE/EEE : pas de retenue française.
  • 12,8 % retenue par défaut hors convention.
  • Certificat de vie annuel obligatoire.
  • Demande 4-6 mois avant le départ en retraite.
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Le paysage de la retraite française à l’étranger en 2026

La perception d’une pension de retraite française à l’étranger concerne plus de 1,4 million de bénéficiaires en 2026, gérés principalement par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) via les Carsat régionales (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé Au Travail) pour le régime général, l’Agirc-Arrco pour les retraites complémentaires des salariés, et la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) pour les anciens travailleurs non salariés. Les fonctionnaires sont gérés par le Service des Retraites de l’État (SRE).

La portabilité de la pension française à l’étranger est totale et sans plafond, sous réserve que le pays de résidence ne soit pas inscrit sur la liste française des juridictions non coopératives en matière fiscale (peu de cas pratiques). Les versements sont effectués mensuellement par virement SEPA pour la zone euro et par virement international SWIFT pour le reste du monde, à hauteur de frais bancaires variables.

Démarches préalables : justificatif annuel de vie et coordination internationale

Tout retraité résidant à l’étranger doit fournir annuellement (parfois semestriellement selon la caisse) un certificat de vie au format CERFA 11753, signé par une autorité locale (mairie, consulat français, notaire, services de police selon le pays). Depuis 2019, le dispositif est mutualisé entre les caisses françaises via le portail info-retraite.fr — un seul certificat suffit pour toutes les pensions françaises perçues. Le défaut de retour du certificat dans les 60 jours de la demande entraîne la suspension automatique des versements.

En 2024, l’Assurance Retraite a déployé un dispositif de certification numérique avec reconnaissance biométrique (selfie comparé à la photo du passeport via l’application France Identité ou Mon Agirc-Arrco) qui dispense du formulaire papier dans plus de 90 pays. Cette procédure dématérialisée prend 5 minutes contre 2 à 4 semaines pour le circuit papier.

Fiscalité de la pension perçue à l’étranger

Le traitement fiscal d’une pension française perçue à l’étranger dépend principalement des conventions fiscales bilatérales conclues entre la France et le pays de résidence, qui répartissent l’imposition entre l’État source (France) et l’État de résidence du bénéficiaire. Trois grands modèles existent :

  • Imposition exclusive dans l’État de résidence (modèle le plus courant) : Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Royaume-Uni, Suisse, États-Unis, Canada. La France ne prélève pas d’impôt à la source ; vous déclarez la pension dans votre pays de résidence selon le barème local.
  • Imposition partagée : certaines pensions de la fonction publique restent imposables en France selon le pays de résidence. Vérifier la convention fiscale spécifique.
  • Imposition exclusive en France : pensions de la fonction publique versées au titre de services antérieurs en cas d’absence de convention ou clause spéciale.

La retenue à la source de 12,8 % : régime par défaut

En l’absence de justification de résidence fiscale dans un pays conventionné, l’article 182 A bis du CGI prévoit l’application d’une retenue à la source forfaitaire de 12,8 % sur les pensions versées à un non-résident, augmentée éventuellement de 7,5 % de prélèvement de solidarité (selon affiliation à un régime de Sécurité sociale étranger UE/EEE/Suisse). Cette retenue forfaitaire s’applique également pour les pensions de la fonction publique imposables exclusivement en France.

Pour éviter cette retenue ou la réduire au taux conventionnel (souvent 0 %), le pensionné doit fournir à sa caisse de retraite :

  • Un certificat de résidence fiscale étrangère (formulaire 5000 ou équivalent local visé par l’administration fiscale du pays de résidence)
  • L’attestation de non-résidence en France délivrée par le SIPNR sur demande (espace particulier impots.gouv.fr)
  • Le formulaire 5000-FR ou la version conventionnelle spécifique (5000-DE pour l’Allemagne, 5000-IT pour l’Italie, etc.)

Le retraitement rétroactif de la retenue à la source est possible sur 2 ans civils en cas d’oubli, par dépôt d’une réclamation fiscale auprès du SIPNR.

Comparatif des taux d’imposition selon pays de résidence (estimation 2026)

Pays de résidence Imposition Taux marginal moyen Particularités
Portugal Pays de résidence 0-10 % (régime IFICI / ex-RNH) Régime fiscal favorable pour nouveaux résidents
Espagne Pays de résidence 19-47 % Régime Beckham accessible si conditions
Italie Pays de résidence 7 % flat tax pour retraités étrangers (Sud) Régime spécial Mezzogiorno 10 ans
Belgique Pays de résidence 25-50 % Pas de régime de faveur retraite
Maroc Pays de résidence Réduction de 80 % imposition pension étrangère Convention 1971 favorable
Tunisie Pays de résidence Abattement 80 % sur pensions Convention 1973 favorable
Suisse Pays de résidence Variable cantonale Forfait fiscal possible
États-Unis Pays de résidence 10-37 % federal + state Convention 1994 + IRA / 401k
Pays sans convention Retenue France 12,8-20 % Imposition double éventuelle Peu fréquent en pratique

Préparation au départ : bilan retraite et décote/surcote

Avant le départ, deux démarches essentielles via le portail info-retraite.fr :

Le Relevé de Situation Individuelle (RIS) récapitule l’ensemble des trimestres validés et points acquis dans tous les régimes français (général, complémentaires, fonction publique, indépendants). À demander dès 50 ans pour anticiper.

Le simulateur M@rel propose une estimation chiffrée de la pension à différents âges de départ (62, 64, 67 ans), permettant d’arbitrer entre départ anticipé avec décote, départ à taux plein, ou prolongation pour bénéficier de la surcote (1,25 % par trimestre travaillé au-delà de l’âge de taux plein).

Pour les expatriés ayant cotisé dans plusieurs pays UE/EEE/Suisse, le règlement européen 883/2004 garantit la totalisation des périodes : chaque pays calcule sa pension proratisée en fonction des trimestres cotisés, mais les trimestres effectués dans les autres États comptent pour valider l’ouverture du droit. La CFE branche vieillesse permet de continuer à cotiser au régime général français pendant l’expatriation, particulièrement utile pour les pays sans convention bilatérale.

Versement à l’étranger : circuits bancaires et frais

Les pensions sont versées par virement à un compte bancaire au choix du pensionné — français ou étranger. Les frais de virement international varient selon le réseau : gratuit dans la zone SEPA (UE/EEE), 5 à 25 € par virement SWIFT vers les autres pays, plus une marge de change appliquée par la banque réceptrice (généralement 2 à 4 % du montant). Sur une pension annuelle de 24 000 €, ces frais peuvent représenter 500 à 1 200 € — l’utilisation de comptes Wise ou Revolut Business comme intermédiaire permet souvent d’économiser 60-70 % de ces frais.

Plusieurs caisses (notamment la Cnav et l’Agirc-Arrco) proposent désormais le versement direct dans la devise locale (USD, GBP, CAD, AUD, JPY, etc.) avec un taux de change négocié auprès d’un opérateur agréé — souvent plus favorable que les conditions individuelles. Cette option est à activer sur demande explicite auprès de la caisse via le portail info-retraite.fr.

Cumul emploi-retraite à l’étranger

Le cumul emploi-retraite est totalement autorisé à l’étranger sans plafond pour la pension du régime général dès lors que la liquidation a été effectuée à taux plein. Les revenus d’activité étrangère ne sont pas pris en compte pour réduire la pension française, contrairement à la règle applicable au cumul en France pour certaines situations. Cette flexibilité fait du statut d’expatrié-retraité une option intéressante pour ceux qui souhaitent poursuivre une activité réduite à l’étranger tout en percevant leur pension intégrale.

Attention toutefois : selon la convention bilatérale, les revenus d’activité peuvent rester imposables en France (régime des frontaliers, par exemple) ou dans le pays d’activité. Une analyse personnalisée auprès d’un fiscaliste reste recommandée pour les situations complexes.

FAQ

Retenue à la source ?

Aucune en UE/EEE et dans la plupart des pays sous convention ; 12,8 % par défaut sinon.

Comment obtenir le certificat de vie ?

Via le portail info-retraite.fr ou auprès des autorités locales reconnues.

Compte bancaire ?

Versement possible sur un compte étranger SEPA ou via virement international.

Pension complémentaire Agirc-Arrco ?

Versée également à l’étranger avec retenue selon convention.

Régime des fonctionnaires ?

Souvent imposé en France selon convention, à vérifier avec le SRE.

Comment éviter la retenue à la source de 12,8 % sur ma pension à l’étranger ?

Fournissez à votre caisse de retraite (Carsat, Agirc-Arrco, SRE) un certificat de résidence fiscale étrangère (formulaire 5000 visé par l’administration fiscale locale) et l’attestation de non-résidence française délivrée par le SIPNR. Selon la convention fiscale bilatérale, le taux peut être réduit à 0 % (cas le plus fréquent) avec imposition exclusive dans le pays de résidence.

Le certificat de vie est-il toujours obligatoire en 2026 ?

Oui, mais désormais simplifié. Une seule attestation annuelle (parfois semestrielle) couvre toutes les pensions françaises via le portail info-retraite.fr. Dans plus de 90 pays, la certification numérique avec reconnaissance biométrique (France Identité, Mon Agirc-Arrco) remplace le formulaire papier. Le défaut de retour entraîne la suspension automatique des versements après 60 jours.

Puis-je continuer à cotiser à la retraite française pendant mon expatriation ?

Oui, via la branche vieillesse de la CFE (Caisse des Français de l’Étranger). Cela permet d’accumuler des trimestres au régime général français en complément ou en substitution du régime local. Particulièrement utile pour les pays sans convention bilatérale (Émirats, Singapour, Monaco hors accord). Pour les pays UE/EEE/Suisse, la totalisation automatique du règlement 883/2004 rend cette adhésion souvent superflue.

Mon expatriation au Portugal me permet-elle toujours de bénéficier d’une fiscalité avantageuse sur ma retraite ?

Le régime du Résident Non Habituel (RNH) historique a été remplacé en 2024 par le nouveau régime IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), plus restrictif. Les retraités français nouvellement résidents au Portugal en 2026 ne bénéficient plus du forfait à 10 % du régime RNH. Toutefois, le régime fiscal de droit commun portugais reste plus avantageux qu’en France pour de nombreux retraités (taux marginal souvent inférieur, abattements spécifiques).

Anticipez la demande de retraite 4-6 mois avant le départ pour éviter les ruptures de versement.

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